Né à Téhéran, d'une mère de sexe féminin et d'un père de sexe opposé, très vite Laurent Sintès apprécie la crème au chocolat que lui prépare tendrement sa maman. Il prend le chemin de l'école avec un petit cartable vert bordé d'un lapin rouge, sans se douter de la passion qui le ronge intérieurement. Bien entendu, comme tous les gamins du CP, il se fera embêter par Jocelyn, le grand c.. du CE2 mais cela ne l'empêchera pas de poursuivre, insouciant, une scolarité ordinaire qui le mènera jusqu' au diplôme d'ingénieur de l'ENSEEIHT et à un mastère de Marketing et Communication Commerciale (et cela tout le monde s'en fout d'ailleurs). Hélas il était trop tard car l'accident avait déjà  eu lieu bien avant cet aboutissement, et cette revanche sur Jocelyn (qui de toutes les façons avait redoublé) : un jour, les premières chansons, la scène, les "Une autre ! Une autre !, les "Non mais vous êtes sûrs ? ... Bon d'accord..."


Et à partir de l
à, c'est l'escalade : articles de presse locale, reportages TV, une interview sur Europe 2, il suit avec assiduité Popstars, Star Academy, La Nouvelle Star, les chiffres et les lettres et la cuisine des moustiquaires pour bien identifier les écueils à éviter, il suit les cours de Marie-Hélène Grilleaud (pour les mêmes raisons), il enchaîne les tremplins musicaux et termine, entre autres, 4ème du Concours lors du Festival Le Raisin d'Or où Robert Charlebois, Président du jury, l' encourage à continuer, en soulignant le côté peu exploité du créneau sur lequel s'est positionné Laurent. Le chanteur surfe quelque part entre coups de griffe et auto-dérision, sur les vagues de notre quotidien, tout en revisitant la nostalgie, à sa manière. Un style chaleureux servi par une présence vocale et scénique éclairant des textes à rencontrer : tranches de vie, portraits, chansons à  sketches, émotions ! Pas évident de lui coller une étiquette.

 

Après 2005, Laurent travaille « d' arrache pied » (contre l'avis de son podologue d'ailleurs...) en enchaînant des aventures scéniques et discographiques qui aiguiseront encore davantage son expérience : 3 albums, une participation à la première partie de Pierre Perret en 2007 dans le cadre du Concours de Saint-Germain des Fossés où il remporte le prix SACEM (et en profite pour aller acheter une andouillette, spécialité du village voisin), plusieurs dates dans un Sentier des Halles parisien plein à craquer en 2008, et surtout une signature avec le Label TitreA qui lui permettra enfin de sortir Un titre qui fait vendre où Laurent ira même jusqu' à  inviter Tino Rossi... Ceci ne manquera pas de surprendre le journaliste musical Michel Kemper (magazine Chorus), qui qualifiera ce dernier album de « belle respiration dans la production actuelle »

 

En 2012, épaulé par la société de production MalyProd, Laurent crée à Paris, à l'Espace Kiron son nouveau spectacle Le chanteur qui perce devant une salle comble et comblée tous les soirs : l'affiche présente Laurent une perceuse à la main... Seuls les spectateurs de mèche avec l'artiste connaîtront le clou du spectacle.

 

Tout en poursuivant toujours sa route artistique personnelle, Laurent choisit de collaborer à  d'autres projets qui lui tiennent à  cœur comme Les Keufs, un groupe de policiers franchouillards n'ayant d'autre mission que de "foutre la fiesta" à travers la France avec, entre autres, leur titre phare La brigade des beloteurs. dont une partie des ventes en téléchargement légal est reversée à l'association Orpheopolis. Aussi, plus récemment, en 2013, Laurent décide de rendre hommage à l'un des poids lourds de la chanson française dans Laurent Sintès fait son Sardou. Contrairement à  ce que le titre laisserait croire, il ne s'agit pas d'un spectacle sur Demis Roussos et Nana Moscovici bien que Laurent raffole de la feta arrosée d'huile d'olive.

 

Salut les amoureux (Dassin), Désirée (Bécaud), Le barbier de Belleville (Reggiani), Une fille aux yeux clairs (Sardou), La bête immonde (Fugain), Des Cornouailles à l'Oural (Aubret), Nous (Vilard), Big bisou (Carlos), Le blues de toi (Montagné)... Tous ces titres ont un point commun puisque Laurent ne les a pas écrits. Nous les devons à Monsieur Claude Lemesle. Depuis 2015, Laurent a le privilège d'aiguiser sa plume au travers des ateliers d'écriture organisés par cet Immense parolier à qui le patrimoine français doit plus de 4 000 chansons. De quoi stimuler la créativité et botter les fesses de Laurent qui, il faut bien le dire, a tendance à croire, à tort, avoir atteint l'apogée de sa carrière en 1992, depuis sa prestation remarquée à la pizzeria karaoké située à côté du Palais des Congrès de Saint-Raphaël (1 boule de glace offerte dans le menu enfant chaque vendredi).


Aujourd'hui, Laurent sait qu'il est impossible de revenir en arrière. Depuis que ses chansons sont disponibles sur les principales plateformes de téléchargement légal (iTunes, Deezer...) ses chevilles ne désenfleront plus et le paroxysme de sa mégalomanie continue à se traduire par son site web et son dossier de presse où il mélange des photos où on ne voit que lui, et une page portrait où il va jusqu'à parler de lui à la troisième personne et sur laquelle aucun n'a jamais vraiment su s'il était sérieux ou s'il plaisantait... A part peut-être ceux qui sont allés le découvrir en spectacle...